Le Lidar, de A à Z
Comment un capteur laser mesure les distances, reconstruit le monde en nuage de points 3D, et pourquoi il est devenu incontournable de la topographie au véhicule autonome. Le point complet, signé Testoon.
- 299 792 458m/s · vitesse de la lumière
- 900–1550nm · longueurs d'onde
- 16 → 128faisceaux laser (3D)
- ± cmprécision usuelle
Qu'est-ce qu'un Lidar ?
Le mot Lidar est la contraction de l'anglais LIght Detection And Ranging, que l'on traduit par « détection et mesure de distance par la lumière ». Concrètement, c'est un capteur laser de télédétection.
Son principe : mesurer le temps de vol (TOF, pour Time-Of-Flight) de faisceaux lumineux pour en déduire, avec une grande précision, la distance et l'intensité du signal renvoyé par chaque objet. Le résultat est une cartographie en trois dimensions de l'environnement.
Comment fonctionne le Lidar ?
Le capteur émet de très brèves impulsions lumineuses — des rayons laser sans danger pour l'œil (classe 1, Eye Safe) — qui se réfléchissent sur tout ce qui les entoure : un arbre, un piéton, un véhicule, un bâtiment, ou directement le sol. Le capteur mesure le temps que met chaque impulsion à faire l'aller-retour. Comme la vitesse de la lumière est constante (environ 299 792 458 m/s), ce délai se traduit immédiatement en distance, en temps réel.
Un Lidar haute densité envoie plusieurs centaines de milliers d'impulsions par seconde. L'ensemble de ces mesures est assemblé pour reconstruire un modèle 3D appelé nuage de points : des millions de points porteurs d'informations de position et de forme. Selon les modèles, la portée s'étend de quelques mètres à près d'un kilomètre.
Quel type d'onde utilise le Lidar ?
La longueur d'onde dépend de l'usage visé. Pour la cartographie 3D ou la détection d'obstacles, les Lidars travaillent généralement sur des longueurs d'onde comprises entre 900 et 1550 nm.
La multiplicité des échos
Une même impulsion peut générer plusieurs échos de retour. En traversant un environnement complexe (feuillage, mobilier urbain, façades…), le faisceau rencontre plusieurs surfaces situées à des distances différentes, et chacune renvoie une partie du signal.
Le premier écho, le plus fort, correspond souvent à l'objet le plus proche — un piéton, un vélo, une voiture. Le dernier, plus faible, vient de l'élément le plus éloigné : un arbre, une façade, le sol.
La plupart des capteurs enregistrent en moyenne deux échos ; les modèles les plus avancés peuvent en capter jusqu'à sept.
Lidar et intensité lumineuse
Au-delà de la distance, le Lidar mesure aussi l'intensité du signal réfléchi. Cette donnée permet de distinguer la nature des surfaces selon leur pouvoir réfléchissant — un marquage routier, un panneau, une signalétique ou un graffiti ne renvoient pas la lumière de la même façon. On obtient ainsi un nuage de points plus riche, où la réflectivité aide à interpréter la scène.
Quels sont les différents types de Lidars ?
Lidar mécanique
Balayage sur 360° grâce à des pièces en rotation. Privilégié en R&D et pour les applications exigeantes : navigation autonome, road mapping, bathymétrie.
Lidar hybrid solid-state
Fonctionne en 1D ou 2D et oriente le laser via un miroir mobile interne. C'est la solution grand public, pensée pour les véhicules produits en série.
Lidar solid-state
Aucune pièce mobile, donc un champ de vision (FOV) plus restreint, mais une durée de vie allongée et des coûts réduits. Deux procédés : l'OPA (déphasage des émetteurs) et le Flash (illumination d'une zone entière en une fois).
Lidar vent
Conçu pour analyser les mouvements d'air sur le long terme (souvent un an minimum) : étude de site avant éoliennes, turbulences de sillage en aéroport (wake vortex), étude des nuages, qualité de l'air.
Mécanique ou solid-state : lequel choisir ?
Les deux assurent une détection fiable quelles que soient les conditions de lumière et de météo, brouillard compris, en statique comme en dynamique. Le choix se joue surtout sur l'application, le champ de vision recherché et les contraintes de production et de maintenance.
Lidar 1D, 2D ou 3D ?
Le Lidar 2D n'embarque qu'un seul faisceau, pour une détection sur un seul plan. On le retrouve surtout en sécurité et en robotique d'intérieur — à courte portée, il sécurise l'interaction entre robots et humains en logistique, distribution ou santé. Le Lidar 3D, lui, combine plusieurs faisceaux (de 16 à 128 selon les modèles) pour mesurer simultanément sur plusieurs plans.
Quelle est l'échelle de précision d'un Lidar ?
Plusieurs paramètres entrent en jeu : la fréquence du laser, la puissance des diodes, la portée, la cadence de mesure et le nombre d'échos. Selon les modèles, la précision va de quelques millimètres à quelques centimètres. La plupart des gammes professionnelles offrent une précision centimétrique.
Lidar, radar, caméra, sonar : quelles différences ?
Toutes ces technologies « voient » l'environnement, mais pas avec la même onde ni dans les mêmes conditions. Le radar (RAdio Detection And Ranging) mesure lui aussi un temps de vol, mais via des ondes radio : le Lidar, avec son laser, gagne nettement en précision. La caméra ne capte que des images 2D en lumière visible et reste limitée la nuit ou par mauvais temps. Le sonar, enfin, n'utilise pas d'ondes électromagnétiques mais des ondes acoustiques pour détecter sous l'eau. Lidar et caméra sont d'ailleurs souvent combinés pour fiabiliser la détection et l'identification.
| Critère | Lidar | Radar | Caméra | Sonar |
|---|---|---|---|---|
| Onde utilisée | Laser | Radio | Lumière visible | Acoustique |
| Mesure 3D | Oui, précise | Partielle | Non (2D) | Oui (sous l'eau) |
| Précision | cm → mm | Métrique | Variable | Variable |
| De nuit | Oui | Oui | Non | Oui |
| Brouillard / pluie | Oui | Oui | Limité | — |
| Milieu | Air | Air | Air | Eau |
Là où l'ultrason manque de portée et où la caméra ne voit qu'en plein jour, le Lidar repère un obstacle à plusieurs dizaines de mètres — angle mort, brouillard, contre-jour au couchant, sac plastique sur la chaussée — de nuit comme sous la pluie.
Que comprend une installation avec un Lidar ?
Un Lidar fonctionne rarement seul. Sur un système embarqué, il s'accompagne généralement de capteurs complémentaires : récepteur GNSS, centrale inertielle, caméra, logiciel de perception 3D.
Le capteur mesure la distance vers chaque objet ou vers le sol. L'ajout d'un GNSS et d'une centrale inertielle permet de calculer la position précise (X, Y, Z) de la cible, tout en compensant les mouvements du porteur — véhicule, drone aérien ou drone marin — grâce à la mesure d'orientation.
Qu'est-ce que le SLAM ?
SLAM signifie « Simultaneous Localization And Mapping » : se localiser et cartographier en même temps, à partir des données du Lidar. Grâce à ses algorithmes, un véhicule en mouvement équipé d'un GNSS et d'un Lidar peut cartographier un environnement inconnu et produire des nuages de points géoréférencés.
Le SLAM ouvre aussi des fonctions de perception : analyse de trajectoires, mesure de vitesse, détection d'objets mobiles ou fixes autour du porteur.
Qu'est-ce qu'un logiciel de perception 3D ?
Un logiciel de perception 3D analyse et exploite les données spatiales issues des capteurs (Lidar, caméra, radar), seuls ou combinés. Il transforme des nuages de points ou des images en informations utiles : détection et identification de personnes ou d'objets, mesure de distances, de volumes ou de flux (comptage de personnes, calcul de stocks), surveillance en temps réel (intrusion, mouvement suspect) ou analyse comportementale (trajectoires, optimisation logistique).
Pourquoi y recourir ?
Dès qu'on combine plusieurs capteurs, il devient essentiel pour comprendre finement la scène : automatisation de tâches complexes, gain de précision et de sécurité, réduction des coûts et des temps d'inspection, et aide à la décision grâce à la visualisation 3D en temps réel.
Perception 3D ou SLAM : la nuance
Le SLAM est une technologie : un système se localise et cartographie un environnement inconnu en temps réel, puis en construit une carte 2D ou 3D, même sans repère préexistant comme le GPS. La perception 3D est une solution applicative qui s'appuie sur des briques comme le SLAM pour livrer des analyses concrètes (sécurité, logistique, gestion d'espaces) et interagir avec les objets et les personnes.
Dans quels domaines utiliser un Lidar ?
De la robotique à la cartographie de berges, de l'alerte collision à la navigation sans visibilité, les usages du Lidar sont nombreux. Tour d'horizon.
Agriculture
Machines autonomes : cartographie 3D des parcelles, repérage des zones de stress hydrique ou nutritif, suivi de la biomasse, détection des adventices et des maladies.
Bathymétrie
Sur drone marin ou vedette, le Lidar lève la topographie au-dessus de l'eau pendant que l'échosondeur travaille dessous : imagerie 3D synchronisée air / eau, en temps réel.
Défense
Surveillance de terrain, reconnaissance de cibles, sécurisation de périmètres. Fonctionne en conditions extrêmes (brouillard, neige, pluie) — un atout pour les opérations critiques.
Construction & ingénierie
Suivi de chantier en temps réel, détection des écarts au plan (BIM), modélisation 3D. Idéal pour inspecter ponts, tunnels et bâtiments — précision millimétrique.
Divertissement
Capture d'environnements, d'acteurs ou d'objets en mouvement en nuages de points pour le cinéma, la télé et le jeu vidéo : décors réalistes, effets spéciaux, réalité virtuelle.
Foresterie & végétation
Hauteur des arbres, densité de canopée, zones à risque d'incendie, suivi sanitaire. En ville, prévention des chutes d'arbres ; couplé à l'IA, anticipation des épidémies.
Géologie & mines
Cartographie des mines, modélisation des gisements, surveillance de la stabilité des sols, détection des glissements de terrain et réduction des risques pour les équipes.
Météorologie
Étude des nuages, mesure des vents, analyse de la qualité de l'air et des particules fines (pollution, cendres). Des données précieuses pour les modèles climatiques.
Recherche
Études géophysiques (mouvements tectoniques) et environnementales (biodiversité, déforestation), où la donnée 3D ouvre de nouveaux terrains d'analyse.
Archéologie
Révèle sous la végétation ou le sol des structures enfouies (routes, tombes, cités perdues) sans fouille invasive, et préserve le patrimoine par des modèles 3D.
Véhicule autonome
Détection des piétons, vélos et animaux, calcul des distances, aide à la trajectoire d'évitement. De jour comme de nuit, par pluie ou brouillard — clé de l'autonomie niveau 4+.
Mobile mapping
Un véhicule (ou un sac à dos) équipé d'un GNSS et d'un Lidar collecte des données sur 360° pour cartographier voiries et infrastructures.
Logistique (AGV & AMR)
En entrepôt, les engins autonomes naviguent, détectent les rayonnages, manipulent colis et palettes et inspectent les stocks, tout en évitant les obstacles.
Sécurité & surveillance
Détection volumétrique sur sites sensibles, comptage des entrées / sorties aux points d'accès (aéroport, gare, parc), alerte sur mouvement suspect.
Smart cities
Création de jumeaux numériques 3D des bâtiments, routes et réseaux pour piloter finement la ville et améliorer le cadre de vie des habitants.
Topographie
Sur drone aérien, le Lidar cartographie végétation, bâti et réseaux, et génère des Modèles Numériques de Terrain (MNT) pour l'urbanisme et la gestion des risques.
Sources & pour aller plus loin
Ce guide synthétise des ressources publiques de référence : organismes officiels, publications académiques et documentation technique du secteur. Les liens ci-dessous permettent d'approfondir chaque partie.
Principe, « time of flight » & nuage de points
- NOAA · National Ocean Service« What is lidar? » — définition et principe de la télédétection laser
- NOAA · National Ocean Service« Lidar: Lasers, airplanes, and drones! » — fonctionnement et rôle du GPS
- NOAA · Digital Coast« Lidar 101 » — introduction technique à la donnée Lidar et à ses usages
- NavVis« What is lidar? How does it work? » — calcul de distance par temps de vol
Retours multiples (échos), intensité & classification
Types de Lidar (mécanique, MEMS, OPA, flash, FMCW) & dimensions
- Laser & Photonics Reviews · Wiley (2022)Li et al. — revue des Lidars solid-state et des schémas TOF / AMCW / FMCW
- HesaiMécanique, semi-solid (hybride) et solid-state : les différentes architectures
- NI · National Instruments« LiDAR's Role in Autonomous Driving » — MEMS, OPA et FMCW expliqués
- Think AutonomousTypologie des Lidars : dimensions 2D / 3D / 4D et modes de mesure
SLAM & perception 3D
Longueurs d'onde (905 / 1550 nm) & sécurité oculaire
Ressources consultées en juin 2026 ; les liens renvoient vers leurs éditeurs respectifs. Contenu rédigé par Testoon à partir de ces références.
Un projet de mesure ou de cartographie 3D ?
Les experts Testoon vous aident à choisir le capteur et la chaîne d'acquisition adaptés à votre application.
99 Rue Béranger, 92320 Châtillon · [email protected]
Le Lidar, de A à Z
Comment un capteur laser mesure les distances, reconstruit le monde en nuage de points 3D, et pourquoi il est devenu incontournable de la topographie au véhicule autonome. Le point complet, signé Testoon.
- 299 792 458m/s · vitesse de la lumière
- 900–1550nm · longueurs d'onde
- 16 → 128faisceaux laser (3D)
- ± cmprécision usuelle
Qu'est-ce qu'un Lidar ?
Le mot Lidar est la contraction de l'anglais LIght Detection And Ranging, que l'on traduit par « détection et mesure de distance par la lumière ». Concrètement, c'est un capteur laser de télédétection.
Son principe : mesurer le temps de vol (TOF, pour Time-Of-Flight) de faisceaux lumineux pour en déduire, avec une grande précision, la distance et l'intensité du signal renvoyé par chaque objet. Le résultat est une cartographie en trois dimensions de l'environnement.
Comment fonctionne le Lidar ?
Le capteur émet de très brèves impulsions lumineuses — des rayons laser sans danger pour l'œil (classe 1, Eye Safe) — qui se réfléchissent sur tout ce qui les entoure : un arbre, un piéton, un véhicule, un bâtiment, ou directement le sol. Le capteur mesure le temps que met chaque impulsion à faire l'aller-retour. Comme la vitesse de la lumière est constante (environ 299 792 458 m/s), ce délai se traduit immédiatement en distance, en temps réel.
Un Lidar haute densité envoie plusieurs centaines de milliers d'impulsions par seconde. L'ensemble de ces mesures est assemblé pour reconstruire un modèle 3D appelé nuage de points : des millions de points porteurs d'informations de position et de forme. Selon les modèles, la portée s'étend de quelques mètres à près d'un kilomètre.
Quel type d'onde utilise le Lidar ?
La longueur d'onde dépend de l'usage visé. Pour la cartographie 3D ou la détection d'obstacles, les Lidars travaillent généralement sur des longueurs d'onde comprises entre 900 et 1550 nm.
La multiplicité des échos
Une même impulsion peut générer plusieurs échos de retour. En traversant un environnement complexe (feuillage, mobilier urbain, façades…), le faisceau rencontre plusieurs surfaces situées à des distances différentes, et chacune renvoie une partie du signal.
Le premier écho, le plus fort, correspond souvent à l'objet le plus proche — un piéton, un vélo, une voiture. Le dernier, plus faible, vient de l'élément le plus éloigné : un arbre, une façade, le sol.
La plupart des capteurs enregistrent en moyenne deux échos ; les modèles les plus avancés peuvent en capter jusqu'à sept.
Lidar et intensité lumineuse
Au-delà de la distance, le Lidar mesure aussi l'intensité du signal réfléchi. Cette donnée permet de distinguer la nature des surfaces selon leur pouvoir réfléchissant — un marquage routier, un panneau, une signalétique ou un graffiti ne renvoient pas la lumière de la même façon. On obtient ainsi un nuage de points plus riche, où la réflectivité aide à interpréter la scène.
Quels sont les différents types de Lidars ?
Lidar mécanique
Balayage sur 360° grâce à des pièces en rotation. Privilégié en R&D et pour les applications exigeantes : navigation autonome, road mapping, bathymétrie.
Lidar hybrid solid-state
Fonctionne en 1D ou 2D et oriente le laser via un miroir mobile interne. C'est la solution grand public, pensée pour les véhicules produits en série.
Lidar solid-state
Aucune pièce mobile, donc un champ de vision (FOV) plus restreint, mais une durée de vie allongée et des coûts réduits. Deux procédés : l'OPA (déphasage des émetteurs) et le Flash (illumination d'une zone entière en une fois).
Lidar vent
Conçu pour analyser les mouvements d'air sur le long terme (souvent un an minimum) : étude de site avant éoliennes, turbulences de sillage en aéroport (wake vortex), étude des nuages, qualité de l'air.
Mécanique ou solid-state : lequel choisir ?
Les deux assurent une détection fiable quelles que soient les conditions de lumière et de météo, brouillard compris, en statique comme en dynamique. Le choix se joue surtout sur l'application, le champ de vision recherché et les contraintes de production et de maintenance.
Lidar 1D, 2D ou 3D ?
Le Lidar 2D n'embarque qu'un seul faisceau, pour une détection sur un seul plan. On le retrouve surtout en sécurité et en robotique d'intérieur — à courte portée, il sécurise l'interaction entre robots et humains en logistique, distribution ou santé. Le Lidar 3D, lui, combine plusieurs faisceaux (de 16 à 128 selon les modèles) pour mesurer simultanément sur plusieurs plans.
Quelle est l'échelle de précision d'un Lidar ?
Plusieurs paramètres entrent en jeu : la fréquence du laser, la puissance des diodes, la portée, la cadence de mesure et le nombre d'échos. Selon les modèles, la précision va de quelques millimètres à quelques centimètres. La plupart des gammes professionnelles offrent une précision centimétrique.
Lidar, radar, caméra, sonar : quelles différences ?
Toutes ces technologies « voient » l'environnement, mais pas avec la même onde ni dans les mêmes conditions. Le radar (RAdio Detection And Ranging) mesure lui aussi un temps de vol, mais via des ondes radio : le Lidar, avec son laser, gagne nettement en précision. La caméra ne capte que des images 2D en lumière visible et reste limitée la nuit ou par mauvais temps. Le sonar, enfin, n'utilise pas d'ondes électromagnétiques mais des ondes acoustiques pour détecter sous l'eau. Lidar et caméra sont d'ailleurs souvent combinés pour fiabiliser la détection et l'identification.
| Critère | Lidar | Radar | Caméra | Sonar |
|---|---|---|---|---|
| Onde utilisée | Laser | Radio | Lumière visible | Acoustique |
| Mesure 3D | Oui, précise | Partielle | Non (2D) | Oui (sous l'eau) |
| Précision | cm → mm | Métrique | Variable | Variable |
| De nuit | Oui | Oui | Non | Oui |
| Brouillard / pluie | Oui | Oui | Limité | — |
| Milieu | Air | Air | Air | Eau |
Là où l'ultrason manque de portée et où la caméra ne voit qu'en plein jour, le Lidar repère un obstacle à plusieurs dizaines de mètres — angle mort, brouillard, contre-jour au couchant, sac plastique sur la chaussée — de nuit comme sous la pluie.
Que comprend une installation avec un Lidar ?
Un Lidar fonctionne rarement seul. Sur un système embarqué, il s'accompagne généralement de capteurs complémentaires : récepteur GNSS, centrale inertielle, caméra, logiciel de perception 3D.
Le capteur mesure la distance vers chaque objet ou vers le sol. L'ajout d'un GNSS et d'une centrale inertielle permet de calculer la position précise (X, Y, Z) de la cible, tout en compensant les mouvements du porteur — véhicule, drone aérien ou drone marin — grâce à la mesure d'orientation.
Qu'est-ce que le SLAM ?
SLAM signifie « Simultaneous Localization And Mapping » : se localiser et cartographier en même temps, à partir des données du Lidar. Grâce à ses algorithmes, un véhicule en mouvement équipé d'un GNSS et d'un Lidar peut cartographier un environnement inconnu et produire des nuages de points géoréférencés.
Le SLAM ouvre aussi des fonctions de perception : analyse de trajectoires, mesure de vitesse, détection d'objets mobiles ou fixes autour du porteur.
Qu'est-ce qu'un logiciel de perception 3D ?
Un logiciel de perception 3D analyse et exploite les données spatiales issues des capteurs (Lidar, caméra, radar), seuls ou combinés. Il transforme des nuages de points ou des images en informations utiles : détection et identification de personnes ou d'objets, mesure de distances, de volumes ou de flux (comptage de personnes, calcul de stocks), surveillance en temps réel (intrusion, mouvement suspect) ou analyse comportementale (trajectoires, optimisation logistique).
Pourquoi y recourir ?
Dès qu'on combine plusieurs capteurs, il devient essentiel pour comprendre finement la scène : automatisation de tâches complexes, gain de précision et de sécurité, réduction des coûts et des temps d'inspection, et aide à la décision grâce à la visualisation 3D en temps réel.
Perception 3D ou SLAM : la nuance
Le SLAM est une technologie : un système se localise et cartographie un environnement inconnu en temps réel, puis en construit une carte 2D ou 3D, même sans repère préexistant comme le GPS. La perception 3D est une solution applicative qui s'appuie sur des briques comme le SLAM pour livrer des analyses concrètes (sécurité, logistique, gestion d'espaces) et interagir avec les objets et les personnes.
Dans quels domaines utiliser un Lidar ?
De la robotique à la cartographie de berges, de l'alerte collision à la navigation sans visibilité, les usages du Lidar sont nombreux. Tour d'horizon.
Agriculture
Machines autonomes : cartographie 3D des parcelles, repérage des zones de stress hydrique ou nutritif, suivi de la biomasse, détection des adventices et des maladies.
Bathymétrie
Sur drone marin ou vedette, le Lidar lève la topographie au-dessus de l'eau pendant que l'échosondeur travaille dessous : imagerie 3D synchronisée air / eau, en temps réel.
Défense
Surveillance de terrain, reconnaissance de cibles, sécurisation de périmètres. Fonctionne en conditions extrêmes (brouillard, neige, pluie) — un atout pour les opérations critiques.
Construction & ingénierie
Suivi de chantier en temps réel, détection des écarts au plan (BIM), modélisation 3D. Idéal pour inspecter ponts, tunnels et bâtiments — précision millimétrique.
Divertissement
Capture d'environnements, d'acteurs ou d'objets en mouvement en nuages de points pour le cinéma, la télé et le jeu vidéo : décors réalistes, effets spéciaux, réalité virtuelle.
Foresterie & végétation
Hauteur des arbres, densité de canopée, zones à risque d'incendie, suivi sanitaire. En ville, prévention des chutes d'arbres ; couplé à l'IA, anticipation des épidémies.
Géologie & mines
Cartographie des mines, modélisation des gisements, surveillance de la stabilité des sols, détection des glissements de terrain et réduction des risques pour les équipes.
Météorologie
Étude des nuages, mesure des vents, analyse de la qualité de l'air et des particules fines (pollution, cendres). Des données précieuses pour les modèles climatiques.
Recherche
Études géophysiques (mouvements tectoniques) et environnementales (biodiversité, déforestation), où la donnée 3D ouvre de nouveaux terrains d'analyse.
Archéologie
Révèle sous la végétation ou le sol des structures enfouies (routes, tombes, cités perdues) sans fouille invasive, et préserve le patrimoine par des modèles 3D.
Véhicule autonome
Détection des piétons, vélos et animaux, calcul des distances, aide à la trajectoire d'évitement. De jour comme de nuit, par pluie ou brouillard — clé de l'autonomie niveau 4+.
Mobile mapping
Un véhicule (ou un sac à dos) équipé d'un GNSS et d'un Lidar collecte des données sur 360° pour cartographier voiries et infrastructures.
Logistique (AGV & AMR)
En entrepôt, les engins autonomes naviguent, détectent les rayonnages, manipulent colis et palettes et inspectent les stocks, tout en évitant les obstacles.
Sécurité & surveillance
Détection volumétrique sur sites sensibles, comptage des entrées / sorties aux points d'accès (aéroport, gare, parc), alerte sur mouvement suspect.
Smart cities
Création de jumeaux numériques 3D des bâtiments, routes et réseaux pour piloter finement la ville et améliorer le cadre de vie des habitants.
Topographie
Sur drone aérien, le Lidar cartographie végétation, bâti et réseaux, et génère des Modèles Numériques de Terrain (MNT) pour l'urbanisme et la gestion des risques.
Sources & pour aller plus loin
Ce guide synthétise des ressources publiques de référence : organismes officiels, publications académiques et documentation technique du secteur. Les liens ci-dessous permettent d'approfondir chaque partie.
Principe, « time of flight » & nuage de points
- NOAA · National Ocean Service« What is lidar? » — définition et principe de la télédétection laser
- NOAA · National Ocean Service« Lidar: Lasers, airplanes, and drones! » — fonctionnement et rôle du GPS
- NOAA · Digital Coast« Lidar 101 » — introduction technique à la donnée Lidar et à ses usages
- NavVis« What is lidar? How does it work? » — calcul de distance par temps de vol
Retours multiples (échos), intensité & classification
Types de Lidar (mécanique, MEMS, OPA, flash, FMCW) & dimensions
- Laser & Photonics Reviews · Wiley (2022)Li et al. — revue des Lidars solid-state et des schémas TOF / AMCW / FMCW
- HesaiMécanique, semi-solid (hybride) et solid-state : les différentes architectures
- NI · National Instruments« LiDAR's Role in Autonomous Driving » — MEMS, OPA et FMCW expliqués
- Think AutonomousTypologie des Lidars : dimensions 2D / 3D / 4D et modes de mesure
SLAM & perception 3D
Longueurs d'onde (905 / 1550 nm) & sécurité oculaire
Ressources consultées en juin 2026 ; les liens renvoient vers leurs éditeurs respectifs. Contenu rédigé par Testoon à partir de ces références.
Un projet de mesure ou de cartographie 3D ?
Les experts Testoon vous aident à choisir le capteur et la chaîne d'acquisition adaptés à votre application.
99 Rue Béranger, 92320 Châtillon · [email protected]